13/03/2010

Dazibao - Post - 2010-03-13 - Stéphane Olivier PastedGraphic-2.tiff image 1

Grande bouffe du Nord
CRITIQUE

Théâtre . Dans le cadre du festival Via, Maubeuge et Mons hébergent un «salon» de la création francophone.
Par RENE SOLIS

Plusieurs dizaines de programmateurs de théâtre venus de toute l’Europe sont attendus jusqu’à dimanche à Maubeuge et à Mons. Sous le titre «Focus Théâtre/Fr», le festival Via, en liaison avec CulturesFrance et l’Office national de diffusion artistique (ONDA) offre une vitrine à la création francophone contemporaine. Au menu, une douzaine de spectacles, mais aussi des rencontres avec des metteurs en scène grâce à des «salons d’artistes» propices à des «espaces intimes de discussion». Une démarche qui associe l’art et les affaires, selon le principe du speed dating. Le programme précise que «cette formule offre aux équipes artistiques un temps de parole pour s’entretenir directement avec les programmateurs et montrer, si elles le souhaitent, des images de leurs précédents spectacles. Le dispositif réunit de petits groupes, qui peuvent ainsi circuler d’un salon à l’autre afin de rencontrer plusieurs artistes au cours d’une matinée et d’échanger très directement avec chacun».

D’un salon à l’autre, les directeurs de théâtre venus faire leur marché pourront tomber sur des représentants d’une nouvelle génération de metteurs en scène, de la Française Julie Bérès aux Belges de la compagnie Clinic Orgasm Society, en passant par Sophie Perez, Marcial di Fonzo Bo, Bérangère Jeannelle, Gwénaël Morin, Vincent Macaigne, le collectif Superamas et quelques autres.

Pas vraiment de petits nouveaux. Presque tous ont en commun d’avoir déjà été accueillis par une grosse institution. C’est aussi le cas de certains artistes invités à présenter leurs spectacles pour de bon. Ainsi, la compagnie Louis Brouillard de Joël Pommerat, tout juste sortie des Bouffes du Nord, reprendra Cercles/Fictions, sa nouvelle production. Où l’on retrouve la maîtrise scénique, l’ambition narratrice (une plongée dans la France de 1914, via la vie quotidienne d’une famille bourgeoise) et la recherche des formes (un récit déroulé à l’envers). Mais aussi, comme le titre l’indique, un certain don pour tourner en rond. D’autres invités sont moins connus. Ainsi le duo Antoine Defoort et Halory Goerger, déjà assurés de la palme du titre le plus concis : &. Les deux compères y traitent de science et de fiction. Et s’interrogent : «Est-il judicieux de monter dans un vaisseau spatial voué à coloniser l’espace, si c’est pour mourir de vieillesse avant d’être arrivé à mi-chemin ?»

Pour leur part, Les compagnies Transquinquennal et Toc unissent leurs efforts pour plonger dans la crise et y trouver de quoi alimenter leur Capital confiance. Tandis que le jongleur Philippe Ménard, dans PPP (Position parallèle au plancher) congèle sa vie de garçon avant de prendre forme féminine. Le festival Via poursuit par ailleurs sa course avec ses drôles de machines (Libération du 9 mars) et deux pièces du groupe Temporary Distorsion.