La Estupidez

Rafael Spregelburd

© Luna Bretzel

«La Estupidez est une comédie. Sur fond d’apocalypse.»
C’est ainsi que Marcial Di Fonzo Bo, qui a introduit le travail Rafaël Spregelburd en France, résume cette pièce écrite en 2002 qui, après Le Dégoût, L’Extravagance, La Boulimie et La Modestie, constitue la cinquième partie de son heptalogie inspirée des 7 pêchés capitaux de Jérome Bosch (Musée du Prado, Madrid). Comme « La Estupidez » est la transposition spregelburdienne de l’avarice, la pièce prolonge ainsi d’une autre manière la réflexion sur l’argent amorcée par le collectif lors de « Capital Confiance ».
Le choix de Las Vegas comme scène du drame n’étant pas innocent, il apparait d’emblée qu’il sera question d’argent, d’âme, de filles, et …

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La «Estupidez», ça peut se traduire par : la connerie ou encore, la stupidité. Et en effet, on se sent à la fois con et stupide d’essayer de résumer la pièce de Rafaël Spregelburd: serait-ce l’histoire de deux policiers de la route qui vivent une grande histoire d’amour au hasard de motels lasvégasiens ? Ou alors celle de deux vendeurs de tableaux de prix qui n’ont jamais existé mais qui existent quand même tout en disparaissant ? Ou alors celle d’un chercheur en physique qui a trouvé la solution de l’équation post quantique du monde mais qui n’arrive pas à trouver celle de sa relation avec son fils ? Ou celle d’un groupe d’amis qui ne confondent plus hasard et probabilité au casino ? Ou celle de deux ouvreuses de cinéma qui cherchent désespérément l’âme soeur au hasard des rencontres aussi épisodiques qu’un mauvais soap ? (...)

Une fois achevée l’histoire entremêlée de ces vingt-cinq personnages, on ne sait toujourspas ce qu’est la connerie, mais on sait qu’on se trouve face à un sujet profond, multiforme et universel, indissociable de la condition tragique et dérisoire de l’espèce humaine. Et qu’on vient de rencontrer une écriture débordante, drôle, loufoque, mais qui n’est jamais dupe de ce qu’elle cherche à provoquer au delà du rire ou du sourire interloqué, celle d’un auteur qui s’y connaît très bien en théâtre (cet argentin génial né en 1970 est à la fois acteur et metteur en scène, traducteur et pédagogue) et qui emploie merveilleusement les dialogues pour arriver, au travers de son déluge imaginatif, à esquisser le portrait d’un monde ou la stupidité est sans conteste, avec l’argent, l’une des données fondamentales. De ce maelström émergent aussi d’autres étranges questions sur ce monde qui tourne à vide, sur la frénétique quête de sens qui nous habite tous, sur le chaos et l’ordre, le hasard et la prédictibilité, et la nostalgie existentielle des hommes qui sont pris au piège de leur propre intelligence.

Transquinquennal est particulièrement heureux de monter cette «Connerie», qui rencontre son goût pour l’ironie et le burlesque désespéré et offre de nombreuses possibilités en terme de jeu, d’exploitation du langage scénique actuel, de mise en perspective ludique de toute une séries de réflexions sur la fiction, ses vices et ses vertus, ses oeuvres et ses pompes, et sa place dans le monde actuel.

"(...)une «aventure» théâtrale non seulement physique mais esthétique de très haut niveau, avec un bonheur d’écoute renouvelé."
Christian Jade, RTBF.be ****

"Entre cinéma et boulevard, entre pop art appliqué et mathématiques de haut vol, l’auteur n’a pas hésité mais tout pris, tout mixé, a osé la dispersion et la collision, a réinventé la catastrophe. (...) Le collectif s’est attaqué à cette foisonnante matière avec un appétit féroce doublé d’un sacré sens du détail. (...) Dans ce tourbillon kitsch surplombant les grandes profondeurs, le quintet fait des prouesses"
Marie Baudet, La Libre Belgique

Prochaines dates

14 → 18-01-2014 - Théâtre Les Tanneurs

Crédits

Date de création : le 17 avril 2012

auteur: Rafaël Spregelburd
traduction: Marcial Di Fonzo Bo et Guillermo Pisani

avec: Bernard Breuse, Miguel Decleire, Kristien De Proost, Pierre Sartenaer, Mélanie Zucconi
dramaturgie: Stéphane Olivier
scénographie et costumes: Marie Szersnovicz
assistanat scénographie: Anette Hirsch
technique et lumière: Laurence Halloy
management: Céline Renchon
coproduction: Transquinquennal, Théâtre de la Place, Théâtre Les Tanneurs, Tristero, avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Vlaamse Gemeenschap
L’Arche est agent théâtral du texte représenté. www.arche-editeur.com

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Historique des représentations

17 → 21-04-2012 - Théâtre Les Tanneurs - Bruxelles

24 → 28-04-2012 - Théâtre de la Place - Liège